Amour et désespoir

                                                                                               Versailles, 07 août 1841
Ma chère Anne,

    En cette nuit d'orage, je t'adresse cette lettre. Je ne trouve pas le sommeil, les éclairs déchirent le silence de la nuit et illuminent les pièces de mon petit manoir désert.
 
Mon amie, je me sens si seule! Je ne fais que penser à lui! Il me manque! Je l'ai vue la toute première fois à la Réunion des Révolutionnaires de l'autre jour. Cela fait une semaine mais pour moi c'est une éternité! Comment t'expliquer ce que je ressens pour lui? Comment puis-je te faire comprendre que je suis prête à tout pour lui? Il a ravivé la flamme dans mon coeur qui s'était éteinte il y a si longtemps!
 
     Tu te demandes sans doute pour qui mon bat autant. Eh bien, je vais t'avouer quelque chose. Ce "il", ce "lui", cet homme qui est maintenant ma raison de vivre, le sourire qui illumine mon visage, mon coup de foudre en un regard. Il m'est inconnu. Je ne connais ni son prénom, ni son âge.
 
       La nostalgie de sa présence s'est installée au fond de moi, sans y être invitée et ne me quitte plus. Oh! Ma chère amie, sais-tu la chance que tu as d'avoir l'amour de ta vie auprès de toi? Je te l'ai déjà dis, je ne connais rien de lui. Pourtant l'autre soir, quelque chose d'étonnant s'est produit. Dès que je l'ai vu, une sorte d'étincelle a réveillée mon coeur. Cet homme était si élégant! Il représentait le charme et la gentillesse, l'humilité et la générosité. Ses yeux étaient verts et ses cheveux d'un châtain clair lui donnaient l'air d'être un ancien du bagne. Il avait de petites tâches de rousseur qui se remarquaient à peine.
 
         J'ai si peur de ne plus jamais le revoir! Cela déchirerait mon pauvre coeur! Crois-tu que je lui plais? Crois-tu qu'il me reconnaîtrait? Cela m'étonnerait, je ne lui ai même pas parlé! Depuis une semaine, je vis entre l'amour et l'angoisse, le désespoir et la tristesse, le fatalisme et la faiblesse. Penser que je ne recroiserai jamais plus son chemin m'est impossible, inconcevable, inexistant, démoralisant.
 
       Je vais prendre mon courage à deux mains, il faut bien que je force le destin! Demain, je retournerai à la Réunion des Révolutionnaires et en espérant le revoir j'irai lui témoigner tout l'amour que j'ai pour lui, défendre ses idées et gagner notre liberté.
 
         Ma petite Anne, prends soin de toi. Ne t'inquiète surtout pas pour moi, pense plutôt à toi. J'attends ta réponse, tu me manques.
 
Ton ami Cosette
 


©Lettre fictive de moi, inspiré des Misérables.
 
 
 
 
 

Tags : amour - peur - oubli - inconnu

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